Cette rencontre fut probablement l’une des plus chargée en conséquences de mon existence. Je la revis souvent, m’éclipsant du centre de contrôle pour aller la voir. La première fois que je me rendis chez elle, je trouvais son logement clos. Une rapide directive à mon ordinateur me permit de savoir qu’elle enseignait dans l’école embarquée du vaisseau. Arrivé là-bas, je l’observais un long moment dans sa passion. Epanouie, heureuse et dynamique, elle essayait de faire passer un message scientifique subtil et s’évertuait à trouver la bonne méthode. Lorsque vint la fin du cours, nous nous retrouvâmes et, sans dire un mot ( au contraire de notre rencontre ), nous allâmes chez elle. Me faisant visiter son logement, certes plus modeste que le mien, mais ô combien mieux décoré et meublé avec goût, nous avons discuté de nous. Ainsi a commencé ma seule et unique flamme pour une femme.
Pendant ce temps là, la vie à bord s’était organisée avec une précision d’horlogerie. Chacun avait trouvé sa place. Par exemple, nous étions synchronisés avec l’heure internationale sur Terre. Ainsi, les lumières baissaient entre 22h et 6h pour simuler dans le vaisseau la nuit terrestre. Les parois transparentes étaient alors teintées par une simple impulsion électrique et une deuxième impulsion laissait à nouveau passer les rayons non-nocifs du Soleil lorsque le matin ( artificiel ) venait. Comme sur Terre, la plupart des passagers mangeaient le matin un repas copieux entre 6h et 7h et travaillaient ensuite. Le midi, des repas légers étaient livrés à tous ceux n’ayant pas le temps ou l’argent d’aller manger dans l’un des divers restaurants installés aux niveaux commerciaux. Puis l’après midi était généralement le moment préféré pour la détente, ou les activités dans les salles de nature reconstituées. Ces salles étaient d’ailleurs l’une des plus belles réussites du migrator à mon gout. On y trouvait de véritables végétaux entretenus par les systèmes miniaturisés qui serviront plus tard sur Exoterra et ces coins de verdures permettaient de retrouver provisoirement une serénité, une sensation d’être encore sur Terre. Puis le soir venait et les passagers soupaient puis avaient le choix entre diverses activités de soirée. Enfin venait le moment de dormir et ainsi s’enchainait la vie à bord.
Parallèlement à la vie ordinaire, similaire en tout point à celle que les passagers avait sur Terre, nous, les officiers du commandement, avions en charge les plus hautes responsabilités. Rien n’était facile et nous savions que ce voyage était aussi un moyen de tester une partie du matériel qui serait utilisé sur Exoterra, comme notamment les génératrices d’atmosphère. Elles alimentent d’ailleurs tout le vaisseau, transformant l’air ambiant en air respirable. Nous avions également à bord un objet que nous transportions le plus grand secret. Pour que la planète existe et puisse être construite, il avait fallu réunir les plus grands chercheurs de la planète, investir des sommes colossales afin de résoudre l’une des théories parmi les plus complexes. Le Graviton, particule inconnue quelques décennies plus tôt, mise en évidence par une équipe de génies de la physique, puis mise sous contrôle par des As, a permis aux grands entrepreneurs d’Exoterra de concrétiser un rêve: celui de recréer artificiellement le coeur d’une planète. Ainsi, l’une des particules les plus furtives de l’univers avait été contrôlée, et une quantité importante avait pû être "stockée" dans un noyau spécialement conçu. Le coeur d’Exoterra avait donc été embarqué à notre bord, et nous avions en charge de le protéger dans un premier temps, puis de le tester selon des procédures longues et compliquées, de sorte que ces tests soient discrets.
Une fois nous avons dû nous rendre dans la salle où il était stocké. Lorsque je le vis, je me rendis compte de la puissance des recherches qui l’avaient entourées. Il était d’un diamètre d’une dizaine de mètres, constitué d’une surface parfaitement lisse dans laquelle nos images se reflétaient. Connecté à des super-calculateurs via des câbles optiques, il régnait dans cette salle une ambiance tendue, et presque surnaturelle. Nous étions embarrassés. Nous savions parfaitement quoi faire et avions les outils adaptés mais cet objet si insolite au milieu de la salle nous imposait un respect certain. Lorsque les travaux furent terminés et que nous sortions juste de la salle, nous sommes retournés silencieux jusqu’au centre de commande, l’esprit perdu dans des considérations sur le futur et sur Exoterra. Le soir, je retrouvais ma douce compagne et ce ne fut qu’à ce moment que je me détendis vraiment.
Le voyage dura précisemment 4 mois, 5 jours, 20 heures et quelques minutes. Nous arrivâmes donc à la position où devait naitre Exoterra. Les cinq “migrator” se réunirent et se relièrent les uns aux autres via des satellites comme on pouvait en trouver à l’époque des aéroport du XXème siècle. Les vaisseaux cargos amenant les premières matières premières depuis Mars arrivèrent quelques jours plus tard et la procédure de mise en place du Coeur Gravitationnel démarra.
mardi 8 juin 2010
Création et Mutation, chapitre 12
25 Mars 2063
Le jour du grand départ .Nous sommes plein, à la fois de matériel et d’ouvriers .Le grand voyage va bientôt commencer .La Grande Salle des Fêtes est pleine et tout le monde attend l’annonce du départ en scrutant la Terre à travers les vitres .Cette salle à l’avantage d’être tout à l’avant du vaisseau et le point de vue est vraiment splendide .Cela me rappelle mon dernier vol d’entrainement lorsque je m’étais arrêté pour admirer notre “Planète Bleue” .Cela m’inspire et j’en profite pour prendre le micro et entamer mon discours .
-”Mes chers camarades, nous allons dans quelques instants quitter notre planète natale pour naviguer pendant 4 mois à travers l’espace et rejoindre ainsi la position où nous construirons une planète .ExoTerra, puisque ce sera son nom, devra être une fierté pour nous tous, et un symbole .Celui du renouveau humain [...]”
Mon discours me prit une heure et demi, et j’évoquais le courage et la détermination des peuples, qui ont mené à cette innovation flagrante permettant une paix et une serennité nouvelle pour l’humanité .Vint alors le moment de cloturer ce long discours, qui devenait pénible pour moi, et probablement aussi pour mes auditeurs ...La phrase de clotûre avait été réfléchie longtemps par des hautes instances de la culture afin qu’elle reste dans les mémoires, et pour cela, elle avait été traduite dans près de 50 langues différentes afin que toutes les personnes qui l’entendraient soient émues .
“Maintenant vient l’heure du départ, et ensemble, nous forgerons notre avenir sur Exoterra. Vive le G.E.E., et longue soit la paix dans le nouveau monde !”
L’ovation que l’on fit à mon discours me toucha beaucoup .Plus précisemment, je m’interrogeais sur l’objet de cette ovation .Etait-ce cette conclusion pompeuse ou bien mon détachement face à cette conclusion ?Alors que je quittais la Grande Salle des Fêtes pour me diriger vers mes quartiers, je fut bousculé par une passagère A ce qu’elle me raconta, tout en s’excusant encore, elle s’était perdue dans cet immense bâtiment, et elle cherchait la salle des fêtes, où, parait-il, le commandant devait faire le discours précédent le départ .Je dû la décevoir lorsque je lui appris que le discours venait juste de s’achever, mais en voyant sa mine défaite, je lui proposai alors de venir se raffraichir dans mes appartements, autour d’une table et d’un verre .Elle accepta aussitôt et nous nous mimes en chemin .J’eut l’impression qu’elle me racontait toute sa vie car en arrivant à mon appartement, je savais tout d’elle .Elle était formatrice dans un centre d’éducation du G.E.E. et elle enseignait les mathématiques spatiaux .Spécialiste de la géométrie, elle avait embarqué afin d’assurer à la population qui s’installerait sur Exoterra une continuité de l’enseignement .Passionnée, elle m’expliqua combien une projection peut-être compliquée à définir mathématiquement, et comment elle s’y prenait pour le faire comprendre .En ouvrant la porte, se fut le premier temps mort dans son monologue .Impressionnée, elle me regarda plus attentivement avant de me demander si je n’étais pas, par hasard, un officier ...Je n’osai lui avouer mon grade, de peur de perdre la première personne à ne pas être hypocrite avec moi de par mon statut .Restant mystérieux, nous nous assimes en silence et nous regardâmes longtemps .Elle me dévisagea, et je fis de même .Elle me fixa droit dans les yeux, et je soutint son regard .Alors elle éclata de rire .Un rire clair, joyeux .Et je l’accompagnai de bon coeur .Puis nous bûmes notre verre et je parlai de moi .A ce moment, je ne lui racontai que ma vie personnelle, non celle infuencée par mon statut d’ex-fils du Global President, fait que je tût habilement .Elle m’écouta parler, attentive, et le silence revint .Nos regards se croisèrent à nouveau, avec une douceur que je ne saurai décrire .Elle se leva, me donna son numéro de logement à bord, et me prit dans ses bras .Elle me sussura à l’oreille un “merci” très agréable, et se dirigea vers la porte .Je lui ouvris, et lui affirmai que je passerai lui rendre visite très bientôt .Je restai un moment à tenir ma porte, la regardant partir, puis regardant le chemin qu’elle avait prit lorsqu’elle disparut après un angle du couloir .
Comme on peut se sentir vide lorsqu’on vient de vivre une expérience nouvelle .Pour moi, ce fut ce que l’on appelle un coup de foudre .Oui, elle m’avait foudroyé .Sur place .Si j’avais dû donner sa description juste à ce moment, j’aurai dit qu’elle était belle, blonde, avec des yeux d’un bleu si profond que je m’y étais crû dans le ciel de notre bonne vieille Terre .
Le jour du grand départ .Nous sommes plein, à la fois de matériel et d’ouvriers .Le grand voyage va bientôt commencer .La Grande Salle des Fêtes est pleine et tout le monde attend l’annonce du départ en scrutant la Terre à travers les vitres .Cette salle à l’avantage d’être tout à l’avant du vaisseau et le point de vue est vraiment splendide .Cela me rappelle mon dernier vol d’entrainement lorsque je m’étais arrêté pour admirer notre “Planète Bleue” .Cela m’inspire et j’en profite pour prendre le micro et entamer mon discours .
-”Mes chers camarades, nous allons dans quelques instants quitter notre planète natale pour naviguer pendant 4 mois à travers l’espace et rejoindre ainsi la position où nous construirons une planète .ExoTerra, puisque ce sera son nom, devra être une fierté pour nous tous, et un symbole .Celui du renouveau humain [...]”
Mon discours me prit une heure et demi, et j’évoquais le courage et la détermination des peuples, qui ont mené à cette innovation flagrante permettant une paix et une serennité nouvelle pour l’humanité .Vint alors le moment de cloturer ce long discours, qui devenait pénible pour moi, et probablement aussi pour mes auditeurs ...La phrase de clotûre avait été réfléchie longtemps par des hautes instances de la culture afin qu’elle reste dans les mémoires, et pour cela, elle avait été traduite dans près de 50 langues différentes afin que toutes les personnes qui l’entendraient soient émues .
“Maintenant vient l’heure du départ, et ensemble, nous forgerons notre avenir sur Exoterra. Vive le G.E.E., et longue soit la paix dans le nouveau monde !”
L’ovation que l’on fit à mon discours me toucha beaucoup .Plus précisemment, je m’interrogeais sur l’objet de cette ovation .Etait-ce cette conclusion pompeuse ou bien mon détachement face à cette conclusion ?Alors que je quittais la Grande Salle des Fêtes pour me diriger vers mes quartiers, je fut bousculé par une passagère A ce qu’elle me raconta, tout en s’excusant encore, elle s’était perdue dans cet immense bâtiment, et elle cherchait la salle des fêtes, où, parait-il, le commandant devait faire le discours précédent le départ .Je dû la décevoir lorsque je lui appris que le discours venait juste de s’achever, mais en voyant sa mine défaite, je lui proposai alors de venir se raffraichir dans mes appartements, autour d’une table et d’un verre .Elle accepta aussitôt et nous nous mimes en chemin .J’eut l’impression qu’elle me racontait toute sa vie car en arrivant à mon appartement, je savais tout d’elle .Elle était formatrice dans un centre d’éducation du G.E.E. et elle enseignait les mathématiques spatiaux .Spécialiste de la géométrie, elle avait embarqué afin d’assurer à la population qui s’installerait sur Exoterra une continuité de l’enseignement .Passionnée, elle m’expliqua combien une projection peut-être compliquée à définir mathématiquement, et comment elle s’y prenait pour le faire comprendre .En ouvrant la porte, se fut le premier temps mort dans son monologue .Impressionnée, elle me regarda plus attentivement avant de me demander si je n’étais pas, par hasard, un officier ...Je n’osai lui avouer mon grade, de peur de perdre la première personne à ne pas être hypocrite avec moi de par mon statut .Restant mystérieux, nous nous assimes en silence et nous regardâmes longtemps .Elle me dévisagea, et je fis de même .Elle me fixa droit dans les yeux, et je soutint son regard .Alors elle éclata de rire .Un rire clair, joyeux .Et je l’accompagnai de bon coeur .Puis nous bûmes notre verre et je parlai de moi .A ce moment, je ne lui racontai que ma vie personnelle, non celle infuencée par mon statut d’ex-fils du Global President, fait que je tût habilement .Elle m’écouta parler, attentive, et le silence revint .Nos regards se croisèrent à nouveau, avec une douceur que je ne saurai décrire .Elle se leva, me donna son numéro de logement à bord, et me prit dans ses bras .Elle me sussura à l’oreille un “merci” très agréable, et se dirigea vers la porte .Je lui ouvris, et lui affirmai que je passerai lui rendre visite très bientôt .Je restai un moment à tenir ma porte, la regardant partir, puis regardant le chemin qu’elle avait prit lorsqu’elle disparut après un angle du couloir .
Comme on peut se sentir vide lorsqu’on vient de vivre une expérience nouvelle .Pour moi, ce fut ce que l’on appelle un coup de foudre .Oui, elle m’avait foudroyé .Sur place .Si j’avais dû donner sa description juste à ce moment, j’aurai dit qu’elle était belle, blonde, avec des yeux d’un bleu si profond que je m’y étais crû dans le ciel de notre bonne vieille Terre .
dimanche 2 mai 2010
Création et Mutation, chapitre 11
Janvier 2063
Quelques années se sont écoulées depuis mes derniers entrainements sur vaisseaux de transport de faible tonnage .J’ai réussi mon projet ambitieux : je suis désormais commandant de mon propre bâtiment de classe 1 .De plus, de par mon titre de fils du “Global President”, j’ai obtenu le droit d’être affecté sur le plus gros appareil du G.E.E. ( Grand Etat Européen ), le “European Migrator” .Je le visite pour la première fois ce mercredi de la première semaine de la nouvelle année .Lorsque je le vois, je ne peux m’empêcher de penser aux premiers hommes ayant contemplé une baleine bleue, ils ont dû ressentir le même sentiment que moi en ce moment, le fait de se sentir tout petit à côté d’un véritable monstre ...Je ne connais pas ses dimensions exactes, elles sont tenues secrètes par les ingénieurs qui l’ont conçu .J’estime cependant sa hauteur à celle d’un gratte-ciel d’environ 140 étages . En longueur, il doit bien dépasser les 2 kilomètres .Un vrai mastodonte .
Je monte à bord par l’une de ses multiples entrées .Un ascenseur nous amène directement vers les hauteurs .Nous entrons alors dans une vaste salle .Celle-ci est composée d’un balcon donnant sur le centre névralgique du vaisseau .Devant des dizaines d’écrans travaillent des officiers navigateurs, très concentrés dans la mise en route des premiers systèmes .Nous apercevant au balcon, un superviseur annonce : “Officiers sur le Pont” et d’un seul mouvement, tous ces travailleurs se lèvent et se mettent au garde-à-vous .Je les regarde un moment, puis, satisfait, je les relève de cette obligation par un “rompez” .Mon conseiller technique me montre alors l’écran que je peux abaisser devant moi et qui me permet de controler presque tout se qui se passe à bord .Depuis l’ouverture des soutes jusqu’aux caméras de surveillance des corridors, en passant par les mesures de propulsion, j’ai accès à tout par une simple pression de bouton .Je me balade virtuellement dans mon nouveau jouet .
La structure est assez simple .Les premiers étages du bas sont les garages de vaisseaux de classes 3 et supérieures, permettant aux personnes embarquées de sortir vers une planète si on est en orbite, ou simplement de faire un tour dans l’espace .Les étages intermédiaires sont les appartements des passagers et du personnel commercial .Ils peuvent aller d’une simple chambre à un loft avec jardin ( bien que ce dernier soit très réduit ).Enfin, les derniers étages sont constitués des salles de vie commune, magasins, cinémas, piscines et autres installations permettant une vie agréable pendant les semaines de transport .En effet, ce type de bâtiment, dit de classe 1, est relativement lent et met près de 4 mois à rejoindre son objectif, c’est à dire la future soeur jumelle de la Terre .Le personnel technique et les officiers sont logés à l’arrière .La salle de commande est d’ailleurs partagée en deux parties, situées tout en haut et à l’arrière de l’appareil, offrant ainsi une vue imprenable sur toute la structure et facilitant donc l’approche lors des atterrissages ou des mises en orbite .Derrière nous se trouvent les gigantesques propulseurs à hydrogène .
Après une petite semaine de visites à travers le European Migrator, je le connais presque par coeur .Je sais exactement où sont situés chacun des quartiers, des magasins et autres lieus importants du vaisseau .L’embarquement de matériel et des futurs ouvriers d’ExoTerra a commencé depuis quelques jours et déjà la vie s’organise à bord .J’ai reçu ce matin l’ordre de décoller et de me placer en orbite cette nuit .Nous rejoindrons notre homologue asiatique, dont le nom ne m’a surpris que par son manque d’originalité : “l’Asian Migrator” .Presque identique au mien, nous naviguerons toujours proche l’un de l’autre, de sorte qu’en cas d’avarie sur l’un, nous puissions évacuer vers l’autre .
23h00, l’heure H. Tout est prêt pour le décollage .Les portes sont toutes fermées, les propulseurs en marche, et les officiers comme les officiels sont en effervescence .Je donne enfin l’ordre attendu et bientôt, mon monstre prend son envol, doucement et -presque- majestueusement .La montée s’accélère et nous franchissons toutes les couches atmosphériques jusqu’à atteindre notre orbite géostationnaire .Nous y resterons jusqu’à ce que tous les préparatifs de départ soient bouclés .
Quelques années se sont écoulées depuis mes derniers entrainements sur vaisseaux de transport de faible tonnage .J’ai réussi mon projet ambitieux : je suis désormais commandant de mon propre bâtiment de classe 1 .De plus, de par mon titre de fils du “Global President”, j’ai obtenu le droit d’être affecté sur le plus gros appareil du G.E.E. ( Grand Etat Européen ), le “European Migrator” .Je le visite pour la première fois ce mercredi de la première semaine de la nouvelle année .Lorsque je le vois, je ne peux m’empêcher de penser aux premiers hommes ayant contemplé une baleine bleue, ils ont dû ressentir le même sentiment que moi en ce moment, le fait de se sentir tout petit à côté d’un véritable monstre ...Je ne connais pas ses dimensions exactes, elles sont tenues secrètes par les ingénieurs qui l’ont conçu .J’estime cependant sa hauteur à celle d’un gratte-ciel d’environ 140 étages . En longueur, il doit bien dépasser les 2 kilomètres .Un vrai mastodonte .
Je monte à bord par l’une de ses multiples entrées .Un ascenseur nous amène directement vers les hauteurs .Nous entrons alors dans une vaste salle .Celle-ci est composée d’un balcon donnant sur le centre névralgique du vaisseau .Devant des dizaines d’écrans travaillent des officiers navigateurs, très concentrés dans la mise en route des premiers systèmes .Nous apercevant au balcon, un superviseur annonce : “Officiers sur le Pont” et d’un seul mouvement, tous ces travailleurs se lèvent et se mettent au garde-à-vous .Je les regarde un moment, puis, satisfait, je les relève de cette obligation par un “rompez” .Mon conseiller technique me montre alors l’écran que je peux abaisser devant moi et qui me permet de controler presque tout se qui se passe à bord .Depuis l’ouverture des soutes jusqu’aux caméras de surveillance des corridors, en passant par les mesures de propulsion, j’ai accès à tout par une simple pression de bouton .Je me balade virtuellement dans mon nouveau jouet .
La structure est assez simple .Les premiers étages du bas sont les garages de vaisseaux de classes 3 et supérieures, permettant aux personnes embarquées de sortir vers une planète si on est en orbite, ou simplement de faire un tour dans l’espace .Les étages intermédiaires sont les appartements des passagers et du personnel commercial .Ils peuvent aller d’une simple chambre à un loft avec jardin ( bien que ce dernier soit très réduit ).Enfin, les derniers étages sont constitués des salles de vie commune, magasins, cinémas, piscines et autres installations permettant une vie agréable pendant les semaines de transport .En effet, ce type de bâtiment, dit de classe 1, est relativement lent et met près de 4 mois à rejoindre son objectif, c’est à dire la future soeur jumelle de la Terre .Le personnel technique et les officiers sont logés à l’arrière .La salle de commande est d’ailleurs partagée en deux parties, situées tout en haut et à l’arrière de l’appareil, offrant ainsi une vue imprenable sur toute la structure et facilitant donc l’approche lors des atterrissages ou des mises en orbite .Derrière nous se trouvent les gigantesques propulseurs à hydrogène .
Après une petite semaine de visites à travers le European Migrator, je le connais presque par coeur .Je sais exactement où sont situés chacun des quartiers, des magasins et autres lieus importants du vaisseau .L’embarquement de matériel et des futurs ouvriers d’ExoTerra a commencé depuis quelques jours et déjà la vie s’organise à bord .J’ai reçu ce matin l’ordre de décoller et de me placer en orbite cette nuit .Nous rejoindrons notre homologue asiatique, dont le nom ne m’a surpris que par son manque d’originalité : “l’Asian Migrator” .Presque identique au mien, nous naviguerons toujours proche l’un de l’autre, de sorte qu’en cas d’avarie sur l’un, nous puissions évacuer vers l’autre .
23h00, l’heure H. Tout est prêt pour le décollage .Les portes sont toutes fermées, les propulseurs en marche, et les officiers comme les officiels sont en effervescence .Je donne enfin l’ordre attendu et bientôt, mon monstre prend son envol, doucement et -presque- majestueusement .La montée s’accélère et nous franchissons toutes les couches atmosphériques jusqu’à atteindre notre orbite géostationnaire .Nous y resterons jusqu’à ce que tous les préparatifs de départ soient bouclés .
Création et Mutation, chapitre 10
Encore une journée banale, je m’entraine sur un petit transporteur nouvelle-génération, dont les ailes s’enroulent autour du vaisseau par le haut .Le poste de commande est spacieux, en forme de globe écrasé, ce qui lui donne un air sympathique .C’est important pour ce type de vaisseau de faire bonne impression à ceux qui vont l’emprunter, ça les met en confiance, et le vol se déroule généralement mieux après .Aujourd’hui, je suis seul à bord .Pas de passagers, pas d’instructeur, et je connais le programme par coeur .Il s’agit de tester la machine en conditions normales d’utilisation, sans trop forcer .Elle devrait servir dans quelques années à acheminer du matériel et du personnel depuis la Terre jusqu’à sa future soeur jumelle, et par la suite à faire des aller-retours régulier .Cet type de transport, dit de classe 3, c’est à dire voyageant à la troisième vitesse réglementaire, se déplace dans un quasi-vide à 445232 km/h de telle sorte que lorsque la Terre se situera aux environs de ses positions extrèmes sur l’orbite solaire, il faudra précisemment 28 jours pour atteindre l’exoplanète .Pour l’instant, contentons-nous d’un vol simple .Je m’élève doucement au dessus du sol et me dégage de l’aire de stationnement .Lorsqu’on est à ce niveau, on peut admirer la longue chaîne d’appareils identiques tous justes sortis d’usine, et soigneusement alignés au pied de la tour de controle, longeant les “taxiways” menant aux pistes d’envol .Suivant les instructions du controleur, je m’engage donc sur ces voies annexes et m’arrête au seuil de la première piste .J’essaye, selon le rituel consacré, tous les éléments de sécurité liés à la propulsion de ma machine .
-Pompes à Hydrogène enclenchées,
-Batteries et centrale embarquée fonctionnant normalement,
-Etanchéité de l’habitacle vérifiée,
-Plan de vol validé .
Tout est bon, j’appelle la tour qui m’autorise aussitôt le décollage .Je m’avance, m’alligne sur la piste, fais un bref arrêt pour controler une dernière fois tous les paramètres essentiels, et pousse progressivement les manettes de puissance à leur maximum .L’accélération me plaque doucement dans mon siège, et je n’ai qu’à tirer légérement sur la commande ( qui ressemble à un joystick de jeux vidéos ) pour que ma machine prenne la direction du ciel .Le controleur m’avait prévu des nuages hauts, appelés stratus, à partir de 6000 mètres d’altitude .Je les traverse en même temps que mon indicateur d’inclinaison atteint les 90° .Parfaitement vertical, je dépasse ce que nous appelons la première vitesse cosmique, puis la seconde .Si je continue à cette vitesse, je pourrai me libérer totalement de l’attraction terrestre d’ici 5 minutes .Mon localisateur spatial m’annonce chaque grand orbite que j’intercepte, puis que je suis libéré de la Terre .Voilà, je peux naviguer tranquillement jusqu’à atteindre ma vitesse de croisière et aller visiter un peu l’espace avoisinant la Terre .Je m’amuse à faire un tour de la Lune et je stoppe la propulsion face à la Terre .Tout simplement magnifique .On distingue vaguement les cotes et les continents .Je me rappelle avoir lu quelque part que notre planète est recouverte à plus de 80% par de l’eau, d’où sa couleur bleue vue de l’espace .C’est tout de même un peu exagéré : aujourd’hui, il doit y avoir pas mal de nuages, car la surface est caché par de longues taches blanches, s’enroulant sur elles-mêmes en anticyclones ou dépressions .Mon chronomètre me tire de ma rêverie et je me prépare à rentrer .
Cette fois, l’approche est plus compliquée et malgré tous les automatismes que mes successeurs pourront utiliser, il faut néanmoins savoir rentrer manuellement dans l’atmosphère .Pour une approche optimale, un vaisseau doit aborder l’atmosphère sous un angle d’environ 40°, puis redresser à 3° pour perdre de la vitesse en douceur .Cependant, avec l’avénement de la propulsion à hydrogène pour les vaisseaux opérant dans l’espace, On peut également envisager de conserver les 40° tout en inversant la puissance .Tout dépend du bouclier thermique installé .Pour l’expliquer rapidement, il faut des angles précis afin d’éviter à la fois de ricocher sur les hautes couches, tout comme un caillou sur l’eau, mais également d’éviter de perforer ces couches trop rapidement et d’échauffer l’appareil .Ainsi, en freinant pendant l’entrée, on évite des températures pouvant aller jusqu’à plus de 1000°C ! Pour ma part, aimant la difficulté, je simule une panne de propulsion et j’en profite pour tester la résistance du bouclier thermique .J’arrive à 26000km/h dans les hautes couches, redresse et ralenti progressivement jusqu’à 1000km/h en arrivant dans les basses couches .Le temps de mon vol, les status se sont déplacés plus au Sud, et le ciel est tout à fait dégagé, du bleu intense d’un après-midi d’été .Je contacte la tour pour l’atterrissage, et m’aligne sur la même piste que j’avais utilisé pour le décollage .Arrivée en douceur, puis translation à un mètre du sol jusqu’à l’aire de stationnement .Arrêt de la propulsion verticale, puis extinction de tous les systèmes .Je note :”vol parfait, RAS” et je signe .J’ai fini ma journée .J’ouvre la porte, je sors et marche jusqu’au hall principal de la base .Je pense à tous ces gens qui emprunteront bientôt ce type d’appareil pour se rendre sur la future ExoTerra .Il faut absolument que je participe à la construction, même si je ne fais que transporter du matériel ou des ouvriers .Je sens en moi-même un besoin de grandeur, j’ai envie de faire quelque chose de remarquable, dont on parlera longtemps après ma mort ...Je crois que je vais tenter de passer outre ma hierarchie directe .Oui, j’ai une idée, et ma situation de fils du président du C.G.E. va peut-être m’être utile encore une fois .
lundi 19 avril 2010
Création et Mutation, chapitre 9
5 ans plus tard
Je me rappelle avec nostalgie les cours que nous suivions avec Niki .Cependant, les temps changent, nous aussi .Nous avons appris à perdre, mais surtout à gagner .Nous avons gagné .Nous avons réussi avec brio notre dernier test et avons passé notre Thèse .Nous étions le seul duo à nous présenter, et cela a surement été déterminant dans notre réussite .Savoir être uni pour être victorieux .Nous avons été les meilleurs et avons obtenu la meilleure des notes depuis une décennie : 98/100 .Il me semble d’ailleurs que seul le Président du Consortium Spatial Terrestre a obtenu une meilleure note, de un pourcent supérieure à la notre .D’ailleurs, sa thèse portait à l’époque sur la création d’une exoplanète, et c’est donc lui qui a initié le projet d’ExoTerra, d’où sa nomination .Niki et moi avions choisi un sujet traitant de découvertes génétiques récentes sur Mars .En effet, lors des précédentes recherches de l’ex-NASA des Etats-Unis d’Amérique, les scientifiques avaient trouvé des blocs de glace contenant des traces de vie, ayant existée sur la planète rouge bien avant l’apparition de la vie sur Terre .Notre thèse concluait sur la possible relation entre la vie sur Mars et sur Terre .
Désormais, Niki est le second du Consortium Spatial, et lui qui était si extraverti, il devient plus sérieux, plus responsable .Pour cela, son rôle de premier assistant du président lui convient à merveille .Je me suis donc déplacé jusqu’à son bureau, pour le revoir après tout ce temps durant lequel il était tenu au secret, c’est à dire depuis notre thèse, cela fait maintenant 3 ans .En arrivant, il m’a accueillit avec un sourire d’adolescent .Il m’a fait visiter son bureau, et m’a tout montré, absolument tout, y compris ses fonds de tiroirs ...Je pouvais voir comme il était heureux dans cet environnement si propice à son intelligence .Tous les bureaux sont pareils, m’a-t’il expliqué, les mêmes boiseries qui leur donne à la fois un air de Renaissance et en même temps une ambiance solennelle .Evidemment, il n’a pas osé me parler de mon travail .Ceci dit, nous avons bu un verre de jus de fruit, l’alcool étant prohibé dans les bureaux, et nous nous sommes séparés, rajeunis par nos retrouvailles .
Pour ma part, je travaille également pour le Consortium Spatial, mais pas de la même façon que mon ami Niki .Ne pouvant plus supporter cette politique expansionniste exacerbée, j’ai décidé de me lancer dans des tâches plus manuelles .Je suis désormais, et ceci est bel et bien dû à mon rang de fils du Global President, le premier pilote expérimental du Consortium .En pratique, je suis chargé de tester les toutes nouvelles machines dont mon ami a ordonné la conception pour mener à bien le projet d’ExoTerra .Je suis considéré comme le meilleur, mais la plupart de mes collègues oublient de penser à mon maître en la matière, dont je ne connais que le surnom : Khô .Il a commencé sa carrière lorsque le monde était encore dans l’ère du pétrole .Il pilotait alors des jets de combats dont les noms font encore la fierté de ceux qui étaient à leur commandes : F-22 “Raptor”, F-16 “Fighting Falcon”, et bien d’autres ...Maintenant, il raconte les différences entre nos mondes .Lui connaissait les moindres recoins de la base .Chaque jour, il faisait des allers-retours vers Washington DC, l’ancienne capitale des Etats Unis d’Amérique, afin d’y prendre des ordres confidentiels .Il aime beaucoup nous faire rêver en nous commentant ces 15 kilomètres qu’il parcourait en pensant à sa mission prochaine .Il aimait s’imaginer des missions impossibles comme celles qu’il voyait au cinéma, mais se contentait d’éxecuter des ordes sans réelle conviction .Lorsque le gouvernement lui a confié la tâche de conduire la réforme sur l’armée de l’air, il a eu la certitude d’être au coeur de sa passion, et en a profité pour mettre au point l’aéronautique telle que nous la pratiquons au XXIème siècle .De nos jours, il n’est plus question de hangars où sont remisés des avions trop gourmands en carburant et en maintenance, de même les longues pistes d’envol ne servent plus que pour les non-professionnels .La principale base actuelle se situe en plein désert du Nevada, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de la célèbre ville du jeu, Las Vegas .Elle était déjà construite depuis des années, et Khô n’a eu qu’à réutiliser la technologie déjà sur place pour en faire la première base avancée de l’aviation moderne .Cependant, son rêve ne fût réalité que très récemment, à peu près lorsque je sortais de l’université, et il avait déjà 70 ans bien passés .Interdit de vol, et même de monter dans un avion, il ne vivait vraiment qu’en apprenant aux jeunes générations tout l’art de son ancien métier .Je suis son dernier élève, c’est ce qu’il a décidé .Il m’a tout appris, jusqu’à des techniques qu’il se réservait dans l’espoir de pouvoir voler à nouveau .Je lui doit tout, et c’est grâce à lui que je suis considéré comme le meilleur .
A l’oeil nu, vu depuis le ciel, la base a vraiment l’air ridicule .Trois hangars qui datent de l’ancienne base, et deux pistes de 3400 mètres dont la longueur n’a jamais été utilisée entièrement .A l’extremité des pistes, un grand lac, du genre de ceux que l’on souhaite ne jamais voir devant soi lorsqu’on décolle .En effet, la majeure partie de la base se situe sous terre, répartie en plusieurs sous-sols .Les aéronefs sont stationnées dans le premier sous-sol, véritable hangar géant .Muni de deux très lourdes portes, horizontales, donnant au milieu de l’ancienne base, ces dernières s’ouvrent régulièrement pour laisser passer les engins décollants ou atterrissants .En dehors de ce hangar, plusieurs autres petits locaux, comparés au premier, permettent l’assemblage de nouveaux appareils, ou tout simplement le chargement de fret dans ceux étant opérationnels .Pour cette opération si courante, le transporteur s’approche d’un des satellites de chargement, comme ceux ayant existé pour les anciens aéroports, et le fret est chargé à bord via un sas .Puis, le transporteur s’éloigne du satellite, son équipage monte à bord par un ascenceur mobile se déployant depuis le vaisseau, et lorsque tous les préparatifs sont terminés, il s’élève du sol grâce à des réacteurs à hydrogène à poussée verticale, et se dirige lentement vers les portes .Vient alors le grand moment, celui du décollage ...
Je me rappelle avec nostalgie les cours que nous suivions avec Niki .Cependant, les temps changent, nous aussi .Nous avons appris à perdre, mais surtout à gagner .Nous avons gagné .Nous avons réussi avec brio notre dernier test et avons passé notre Thèse .Nous étions le seul duo à nous présenter, et cela a surement été déterminant dans notre réussite .Savoir être uni pour être victorieux .Nous avons été les meilleurs et avons obtenu la meilleure des notes depuis une décennie : 98/100 .Il me semble d’ailleurs que seul le Président du Consortium Spatial Terrestre a obtenu une meilleure note, de un pourcent supérieure à la notre .D’ailleurs, sa thèse portait à l’époque sur la création d’une exoplanète, et c’est donc lui qui a initié le projet d’ExoTerra, d’où sa nomination .Niki et moi avions choisi un sujet traitant de découvertes génétiques récentes sur Mars .En effet, lors des précédentes recherches de l’ex-NASA des Etats-Unis d’Amérique, les scientifiques avaient trouvé des blocs de glace contenant des traces de vie, ayant existée sur la planète rouge bien avant l’apparition de la vie sur Terre .Notre thèse concluait sur la possible relation entre la vie sur Mars et sur Terre .
Désormais, Niki est le second du Consortium Spatial, et lui qui était si extraverti, il devient plus sérieux, plus responsable .Pour cela, son rôle de premier assistant du président lui convient à merveille .Je me suis donc déplacé jusqu’à son bureau, pour le revoir après tout ce temps durant lequel il était tenu au secret, c’est à dire depuis notre thèse, cela fait maintenant 3 ans .En arrivant, il m’a accueillit avec un sourire d’adolescent .Il m’a fait visiter son bureau, et m’a tout montré, absolument tout, y compris ses fonds de tiroirs ...Je pouvais voir comme il était heureux dans cet environnement si propice à son intelligence .Tous les bureaux sont pareils, m’a-t’il expliqué, les mêmes boiseries qui leur donne à la fois un air de Renaissance et en même temps une ambiance solennelle .Evidemment, il n’a pas osé me parler de mon travail .Ceci dit, nous avons bu un verre de jus de fruit, l’alcool étant prohibé dans les bureaux, et nous nous sommes séparés, rajeunis par nos retrouvailles .
Pour ma part, je travaille également pour le Consortium Spatial, mais pas de la même façon que mon ami Niki .Ne pouvant plus supporter cette politique expansionniste exacerbée, j’ai décidé de me lancer dans des tâches plus manuelles .Je suis désormais, et ceci est bel et bien dû à mon rang de fils du Global President, le premier pilote expérimental du Consortium .En pratique, je suis chargé de tester les toutes nouvelles machines dont mon ami a ordonné la conception pour mener à bien le projet d’ExoTerra .Je suis considéré comme le meilleur, mais la plupart de mes collègues oublient de penser à mon maître en la matière, dont je ne connais que le surnom : Khô .Il a commencé sa carrière lorsque le monde était encore dans l’ère du pétrole .Il pilotait alors des jets de combats dont les noms font encore la fierté de ceux qui étaient à leur commandes : F-22 “Raptor”, F-16 “Fighting Falcon”, et bien d’autres ...Maintenant, il raconte les différences entre nos mondes .Lui connaissait les moindres recoins de la base .Chaque jour, il faisait des allers-retours vers Washington DC, l’ancienne capitale des Etats Unis d’Amérique, afin d’y prendre des ordres confidentiels .Il aime beaucoup nous faire rêver en nous commentant ces 15 kilomètres qu’il parcourait en pensant à sa mission prochaine .Il aimait s’imaginer des missions impossibles comme celles qu’il voyait au cinéma, mais se contentait d’éxecuter des ordes sans réelle conviction .Lorsque le gouvernement lui a confié la tâche de conduire la réforme sur l’armée de l’air, il a eu la certitude d’être au coeur de sa passion, et en a profité pour mettre au point l’aéronautique telle que nous la pratiquons au XXIème siècle .De nos jours, il n’est plus question de hangars où sont remisés des avions trop gourmands en carburant et en maintenance, de même les longues pistes d’envol ne servent plus que pour les non-professionnels .La principale base actuelle se situe en plein désert du Nevada, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de la célèbre ville du jeu, Las Vegas .Elle était déjà construite depuis des années, et Khô n’a eu qu’à réutiliser la technologie déjà sur place pour en faire la première base avancée de l’aviation moderne .Cependant, son rêve ne fût réalité que très récemment, à peu près lorsque je sortais de l’université, et il avait déjà 70 ans bien passés .Interdit de vol, et même de monter dans un avion, il ne vivait vraiment qu’en apprenant aux jeunes générations tout l’art de son ancien métier .Je suis son dernier élève, c’est ce qu’il a décidé .Il m’a tout appris, jusqu’à des techniques qu’il se réservait dans l’espoir de pouvoir voler à nouveau .Je lui doit tout, et c’est grâce à lui que je suis considéré comme le meilleur .
A l’oeil nu, vu depuis le ciel, la base a vraiment l’air ridicule .Trois hangars qui datent de l’ancienne base, et deux pistes de 3400 mètres dont la longueur n’a jamais été utilisée entièrement .A l’extremité des pistes, un grand lac, du genre de ceux que l’on souhaite ne jamais voir devant soi lorsqu’on décolle .En effet, la majeure partie de la base se situe sous terre, répartie en plusieurs sous-sols .Les aéronefs sont stationnées dans le premier sous-sol, véritable hangar géant .Muni de deux très lourdes portes, horizontales, donnant au milieu de l’ancienne base, ces dernières s’ouvrent régulièrement pour laisser passer les engins décollants ou atterrissants .En dehors de ce hangar, plusieurs autres petits locaux, comparés au premier, permettent l’assemblage de nouveaux appareils, ou tout simplement le chargement de fret dans ceux étant opérationnels .Pour cette opération si courante, le transporteur s’approche d’un des satellites de chargement, comme ceux ayant existé pour les anciens aéroports, et le fret est chargé à bord via un sas .Puis, le transporteur s’éloigne du satellite, son équipage monte à bord par un ascenceur mobile se déployant depuis le vaisseau, et lorsque tous les préparatifs sont terminés, il s’élève du sol grâce à des réacteurs à hydrogène à poussée verticale, et se dirige lentement vers les portes .Vient alors le grand moment, celui du décollage ...
samedi 23 janvier 2010
Création et Mutation, chapitre 8 ( Partie II )
La 3ème planète .
-Mesdames, Messieurs, veuillez vous lever pour accueillir respectueusement le Bureau du Consortium des Grands Etats .
Nous sommes le 18 octobre 2054, soit 14 ans après la course à l’unification des superpuissances .Le C.G.E, ou Consortium des Grands Etats, qui regroupe les 5 unions internationales, le Grand Etat Européen ( GEE ), l’Asian Council ( AC ), les Terres Arabes Unies ( TAU ), la Communauté des Etats du Tiers-International ( CETI ) et l’Etat Fédéral d’Amérique ( EFA ), entame sa plus historique conférence sur le développement de l’espèce humaine .Le Bureau du C.G.E, composé du “Global President” ( titre anglais imaginé au XIX siècle pour l’Empire des Indes ), accompagné des 5 présidents des Grands Etats, et de 2 conseillers pour chacuns d’entre eux, pénètre dans la salle .Tous vont s’assoir solennelement, vêtus de leur tenue d’apparat .Le Global President, en la personne de Thomas E. Riddle, se lève, et entame son premier discours depuis son élection au pouvoir central par les 5 présidents .Il annonce la décision du Consortium de créer, en accord avec l’éthique internationale, un nouveau Consortium, dépendant du C.G.E, et qui aura pour but de construire une nouvelle planète, en tous points similaire à la Terre, à ceci près qu’elle sera située à l’opposée de la Terre par rapport au Soleil .Cette décision ayant été prise quelques temps auparavant, le discours n’étant qu’une annonce formelle, le Consortium Spatial Terrestre ( C.S.T ) avait déjà été fondé et mis en service lorsque le Global President l’annonçait à la face du Monde .Le début d’un rêve commençait .
-Hé, Mike, tu crois vraiment ce qu’il vient de dire ? On va faire de la colonisation des étoiles ? Super idée !
-Tu simplifies vraiment les choses ... D’abord, on ne va pas coloniser, on va juste construire, et ensuite, si ça marche, on fera migrer une partie de la population terrestre, ce n’est pas de la colonisation .Et ce ne sera pas sur une étoile, mais sur des fragments de Mars que l’on marchera quand ça sera fini .
-De Mars, t’en es sur ?Ne me dis pas que c’est ton père qui te l’a dit !
-Non, et ce n’est pas parce que c’est mon père qui lit le discours, qu’il me met dans ses petites confidences politiques !
-Tu exagères, il est vraiment cool, et en plus, ça te fait une situation du tonnerre !
-Bon, tais-toi, je prend des notes. Je te rappelle qu’on est là pour un exposé .Et on le présente dans deux jours au jury. J’aimerai bien y rentrer, moi, au Consortium Spatial, mais pour ça, il faut qu’on finisse cette thèse .
Niki et moi, nous sommes comme des frères, si ce n’est qu’on est né le même jour, à 500km l’un de l’autre .Lorsqu’on s’est rencontré la première fois, on en croyait pas nos oreilles qu’on soit du même jour, à 5 minutes près !Evidemment, on est du même monde, lui et moi .Niki, qui est un diminutif de Nikita ( en souvenir d’un dirigeant russe ), est le fils cadet du président de l’AC, l’Asian Council, dont la Fédération de Russie fait partie intégrante .Alors, entre fils de présidents, on se comprend .D’ailleurs, nos pères nous ont tous les deux placés dans la même école privée, avec comme camarades de classe les autres fils des autres présidents, et de leur conseillers .Logique .Formation des élites, qu’ils appellent ça .
Nous suivons donc les mêmes cours .En ce moment, où le temps est à la conquète spatial, nos professeurs nous enseignent le B-A-BA de la politique d’expansion coloniale .Très démodé, mais ils disent qu’en comprenant les mécanismes profonds, nous pouvons restructurer un mode de pensée pour en faire une théorie d’évolution sociologique très intéressante .Oui, je sais, moi aussi je ne comprend pas tout, mais ça doit être normal, à voir comment les autres froncent les sourcils en cours .Du haut de nos 20 ans, nous sommes polyvalents .Nous savons presque tout faire pour diriger un pays, ou une entreprise d’envergure internationale .D’après ce que je sais, cela devrait nous permettre d’accéder aux plus hauts rangs de la société, et ainsi de nous intégrer plus tard à cette mafia déguisée qui règne sur le Consortium .
J’attend avec impatience le moment où je pourrais demander un poste de haut rang dans le Consortium Spatial .
mardi 12 janvier 2010
Création et Mutation, chapitre 7
Nous sommes réunis dans le creuseur .Ce véhicule de transport, pouvant contenir une dizaine de personnes et un peu de matériel, possède un étrange design, avec notamment une magnifique foreuse en guise de nez .Le pilote de cet engin “voit” devant lui grâce à une sorte de sonar couplé à un analyseur de couches, qui lui permettent de se situer et de savoir où il creuse .Nous avançons à la prodigieuse vitesse de 20km/h depuis maintenant 4 heures .Nous sommes partis vers midi des installations les plus superficielles encore accessibles .Nous nous dirigeons vers la surface sans réellement savoir ce qui nous attend là-bas .En ce moment, je ne pense qu’à notre moyen de transport, qui vibre de tout son corps pour nous extirper des roches .Le pilote nous rassure en nous promettant l’air libre dans quelques minutes .Mes compagnons n’ont pas fière allure, et nous pensons tous que si nous arrivons à tenir notre planning de travail, ce sera un miracle .Pour ma part, j’y ait déjà réfléchi .Travail terminé ou pas, je rentrerai sous terre plutôt que de voir arriver un géocroiseur ( les météores dont j’ai déjà parlé ) .Il paraît que le prochain sera de la taille d’une des lunes de la 5ème planète après le Soleil .Autant dire qu’il ne fera pas bon se trouver dehors . Soudain, les vibrations insupportables cessent, si soudainement qu’un silence de plomb règne dans l’habitacle .Nous nous regardons, l’air étonné, bien que nous sachions parfaitement que nous avons atteint la surface .Enfin, après tout ce temps où nous n’avons connu que les profondeurs de notre planète, nous allons découvrir le lieu qui a donné le jour à notre espèce .Le pilote nous conduit en surface vers une plaine dont les scientifiques ont estimé la position non loin du trou d’où nous venons juste d’émerger .L’engin s’immobilise .Nous sommes au point Alpha .Une voix grinçante nous énumère les consignes de sécurité à respecter ici, et nous invite à enfiler un masque de traitement de l’air ambiant .La lumière rouge au dessus de la porte d’accès, située au fond du véhicule, s’éteint, et une lumière verte s’allume .La porte s’ouvre sur notre monde .Nous y sommes .
Nous descendons un par un, regardant tout autour, scrutant chaque détail, et nous restons silencieux devant ce paysage si particulier .Les livres d’Histoire parlent de végétation fleurissante, de paysages verdoyants et de couleurs splendides .Il faudra faire quelques corrections .Mais le pilote ne nous laisse décidemment pas tranquille et nous lance un “bon courage les gars, votre matos est à côté de vous, à dans 40 jours” .Le creuseur fait demi-tour et replonge dans son trou, nous laissant seuls face à nous-mêmes .Que pourrait-on dire de la déception qui nous envahit ? La surface est ravagée .Les météores la percutant régulièrement depuis tant d’années l’ont rendu aride, un désert où nous ne pouvons imaginer la vie qui pouvait régner ici avant .Rouge .Tout est rouge, et les cratères se succèdent à perte de vue .Que faisons nous là ?Il n’y a rien à dire, rien à faire, les conclusions s’imposent d’elles-mêmes .Nous préparons pourtant les machines, branchons les génératrices et les instruments de mesures .Le camp de base avait été aménagé par des drones quelques jours avant notre arrivée .Une fois l’installation achevée, nous rentrons dans nos nouveaux appartements, qui consistent principalement en un dortoir commun et une salle qui peut servir à la fois de cuisine, de salle de repos ou de salle de gym .Nous nous endormons vite pour ne pas penser .
Nous sommes réveillés par des grondements lointains .Nous sortons et observons la longue trainée de feu des roches rentrant dans les restes de l’atmosphère .Puisque nous sommes debout, autant travailler .Je fais donc le tour de mes instruments et au bout de quelques heures, nous nous réunissons pour faire le point .Nous sommes formels : l’air n’est plus respirable, il n’y a plus de vie en surface, plus d’eau non plus .La planète a dû perdre de la matière : la gravité s’est également affaiblie .Ce dernier point nous dérange un peu, car nous n’arrivons pas à nous accorder sur la manière dont la matière a pû partir .Nous avons trouvé l’occupation qui nous tiendra en éveil pendant les 39 jours restants : tacher de déterminer ce qui s’est passé pendant que nous vivions sous terre .
Je passerai sous silence, comme il m’a été demandé, les journées de l’expédition durant lesquelles nous avons mené une recherche scientifique de premier ordre concernant la gravité .Les conclusions ne concordent pas avec nos modèles physiques de trajectoire d’un géocroiseur .Peu importe maintenant, il est l’heure de retour du creuseur qui nous permettra de rejoindre le Centre .Les instruments ont été rassemblés au milieu de la plaine, et notre pilote ne tarde pas à réapparaitre à bord de son incroyable machine .Il nous ouvre la porte, et sans même regarder dehors, nous prie de bien vouloir entrer pour pouvoir repartir au plus vite .Selon lui, le prochain météore a de l’avance, et il faut se dépêcher pour ne pas subir les secousses pendant la descente .
Les 4 heures que nous repassons dans ce transporteur si particulier passent beaucoup plus vite qu’à l’aller .Lorsque nous atteignons enfin notre point de départ, des gardes nous pressent pour rejoindre les abris sécurisés .Nous ne voyons évidemment personne dans le grand couloir .Chose encore plus étrange, lorsque nous arrivons dans l’abri le plus proche de notre point de chute, nous ne sommes qu’une vingtaine, contre habituellement une centaine de personnes .Un des gardes nous explique que cet abri ne sert pas normallement et que c’est une mesure exceptionnelle de l’utiliser .Il nous promet de nous en dire plus après l’alerte .Celle-ci recommence comme d’habitude .La longue alarme annonçant l’impact, puis le son en discontinu et enfin le signal de fin d’alerte .Elle aura duré deux heures .Avant de ressortir, le garde du début, qui doit être le chef de section, nous demande de l’accompagner sans poser de questions .Nous filons donc dans des parties du Centre qui me sont complètement inconnues .Nous débouchons sur une salle gigantesque, dont je n’aurai jamais pû imaginer l’existence .Sa taille est incomparable à celle des autres salles de rassemblement .J’ai la désagréable impression que toutes les personnes habitant le Centre sont ici .J’essaye de faire une approximation rapide du nombre, mais une voix me coupe dans ma réflexion, une voix que je pense bien connaitre, et qui à l’air de savoir ce que je pense .
-Ernst ! m’exclamais-je aussitôt
-Bienvenue parmi nous, mon ami, me répond-t-il en me serrant dans ses bras .Je te préviens, ce que je vais te dire ne va pas te plaire du tout .
-Que se passe-t-il ?Pourquoi sommes nous tous réunis ?Et quelle est cette salle ?
-Le directeur l’a nommée Salle du Départ ...
-QUOI ?
-Tu m’as bien compris, j’en ai peur .
Il soupire.
-Cette salle, reprend-t-il lentement, est la dernière étape de recensement avant notre départ de cette planète .Il est temps de prendre les bonnes décisions .Nous avons suivi en direct vos investigations en surface, et les conclusions que nous avons tirées sont édifiantes .Si nous restons, nous disparaitrons .
-Et donc tu comptes nous faire partir d’ici ?Tous ?
-Pas moi, cher ami, toi .
-Ecoute, Ernst, je ne comprend pas .C’est la deuxième fois que tu me mets à l’honneur sans que je sache réellement pourquoi .Explique moi une bonne fois pour toutes, je t’en supplie !
-Bien .
Il me regarde droit dans les yeux, mais je soutiens son regard .
-Tu as pensé lorsque nous n’étions encore qu’en formation pour le Centre, à une bactérie particulière .Cela, je te l’ai déjà expliqué, et cette bactérie était imparfaite .Je l’ai donc modifiée, et cette fois, le processus est en marche .Nous avons mis au point un système permettant à notre espèce de survivre pour un voyage dont nous ignorons tout .D’ici, de cette salle, nous allons recenser tout le monde, et le rétrograder à l’état de gène, que nous introduirons en complément du génome de la bactérie .Ainsi, chacune portera l’un d’entre nous, en plusieurs exemplaires, jusqu’aux confins des galaxies que nous connaissons .Nous envoyons ainsi une promesse d’avenir sur chaque planète en laquelle nous avons l’espoir que la vie se développe, de façon à revenir ...
-Je crois comprendre ...
Ernst me regarda attentivement, puis s’en alla .Il avait fini son discours, et détestait les questions auxquelles il ne pouvait que répondre des banalités .
Ainsi c’était comme ça que nous finissions .Si nous n’avions pas le choix ...Je me rangeais donc dans la file d’attente, et attendais patiemment mon tour .Peut-être me réveillerais-je un jour sur une autre planète, et, qui sait, peut-être cette dernière sera-t-elle plus accueillante ...
FIN DE LA PARTIE II
jeudi 7 janvier 2010
Création et Mutation, chapitre 6
J’étudiais un livre particulièrement imposant lorsqu’un vigile vint me voir, l’air inquiet .La “guerre” comme on l’appelle entre nous est surement la cause de son désarroi .Cette guerre n’est pas une guerre ordinaire .Cela fait maintenant plusieurs centaines d’années que les peuples se sont tous unis contre la seule menace sérieuse encore capable de nous décimer .Les météores qui tombent régulièrement sont en effet le plus grand péril nous menaçant .Ils ont déjà ravagé la moitié de la surface du globe, qui ressemble plus à un désert rouge qu’à la nature fertile et fleurissante que nous connaissions .Quelques météorites tombent tous les jours, mais l’atmosphère les ralentissant considérablement, elles ne font que très peu de dégâts .En revanche, les gigantesques masses rocheuses qui entrent, tous les 49 jours 21heures et 52 minutes d’après les spécialistes, nous font frémir de peur .Lorsque l’un d’entre eux approche de la planète, une longue alarme retentit dans le Centre, et tout le monde retient sa respiration pendant les longues minutes d’attente avant les secousses .
Cette fois, ça a l’air vraiment sérieux .Le vigile me demande avec insistance de laisser le livre et de le suivre .Apparamment, il veut que nous nous rendions à l’un des abris sécurisés .Lorsque nous y arrivons, nous rejoignons quelques camarades, et je peux lire dans leur yeux que l’heure est vraiment grave .Lorsque je demande des informations, des nouvelles de l’extérieur, on me regarde de travers, sans me répondre, avec cette lueur de reproche qui me met si mal à l’aise .La lourde porte de l’abri se referme .L’alarme s’est mise en discontinue, signe que l’impact est imminent .Soudain, le sol tremble .D’abord doucement, comme un simple tremblement de terre, mais au fur et à mesure, les vibrations s’intensifient, et finalement, nous ressentons un choc formidable dont l’onde nous secoue fortement .Certains tombent, d’autres s’accrochent à ce qu’il peuvent attraper, et moi, qui suis assis par expérience, je médite .
Ces attaques ont commencé il y a 10 ans environ .On ne sait pas pourquoi, mais les astronomes pensent que deux planètes ont dû entrer en collision et que cela a projeté des débris à travers tout le système solaire .Depuis, la Direction du Centre n’a trouvé d’alternative que de déserter la surface pour s’enterrer dans ce bunker géant, dont on conte l’immensité à travers le mythe du couloir circulaire .Je n’ai jamais connu la surface, lorsque je suis venu au monde, le Centre affichait une profondeur de 140 mètres sous la terre .Aujourd’hui, les installations les plus superficielles ont été déménagées à 266 mètres, et on parle de les rapprocher davantage vers le bas, où se situe la plus grande partie du complexe .De même pour la population : au fur et à mesure que nous enfonçons pour nous protéger des impacts meurtriers, les pertes deviennent de plus en plus cruelles .La population avant de descendre était de plusieurs dizaines de millions d’individus, et après la première année de pluie de météores, nous n’étions plus que légèrement supérieur à un million .Le Centre fut d’ailleurs créé pour nous protéger, tâche dont il s’acquitta très bien tant que les météores étaient encore relativement petit .Désormais, nous ne cessons de nous enterrer de plus en plus profond, ce qui nécessite toujours plus de technologies couteuses pour survivre .Evidemment, les bureaux directoriaux, qui remplacent depuis longtemps les gouvernements, sont situés dans les zones les plus profondes, au milieu même du complexe .
Enfin, l’alarme retentit en une longue plainte aigue, affirmant la fin de l’alerte, et le début du décompte des nouvelles pertes .La porte de l’abri se rouvre .Une fumée légère se dissipe par les trapes de ventilations .Il fait chaud, comme après chaque alerte .L’air est irréspirable en dehors de l’abri, mais cela s’arrange vite, laissant place à un air frais .Le vigile de tout à l’heure me rejoint et me dit que des responsables veulent me voir .Je déambule dans ces couloirs vides, ou je revoit les images d’intense activité qui régnait là il y a quelques heures seulement .Je remarque au passage la couleur grise des murs de cette partie du complexe .La poussière due aux secousses et aux failles dans les murs ternit l’habituelle couleur blanche de ce long couloir .
Le directeur, que j’avais vu avec Ernst, se dirige de nouveau vers moi, mais avec cette fois un air triste .Pas de mains tendues .Le ton n’est plus chaleureux Il me dit simplement :
-Nous avons besoin de volontaires .
-Ha bon ...
-Nous voulons envoyer une équipe à la surface .
-Pardon ?
Je manque de m’étouffer .Ils n’ont plus envoyé de personnes à la surface depuis des années maintenant .Pourquoi ce changement si soudain ?
-Je sais ce que vous pensez, reprend le Directeur, et cela fait bien longtemps, n’est-ce pas ?Vous en parlez entre vous souvent, je le sais, et il y a beaucoup d’histoires qui circulent à ce sujet .
-Je suis volontaire, monsieur, mais expliquez moi vos raisons .Je ne comprend pas pourq...
-Très simple, me coupe t-il, nous avons besoin d’une estimation de l’état de la surface .Comme vous le savez sans doute, nous ne sommes plus qu’une poignée à survivre dans ce Centre .Votre ami Ernst a fait des recherches sur une possible disparition de notre espèce, et il a également prévu une solution dans le cas où il aurait raison .
-Bien, et que devons nous faire précisemment une fois que nous serons arrivés ?
-A nouveau, ce sera simple, donc rapide .Vous monterez par le véhicule de forage et de transport .Une fois en surface, vous installerez un camp de base scientifique. De là, vous prendrez des images panoramiques, avec différents filtres optiques .Vous ferez des mesures d’atmosphère, et devrez même sortir à l’aide d’un buggy afin de déterminer si toute la surface est dans le même état .Votre mission durera obligatoirement 40 jours, pas un de plus .
-Nous pourrions rester 8 jours de plus sans dangers, non ?
-Non .Et ceci constitue un secret confidentiel .La fréquence d’impact augmente .Nous entrons dans un stade où les plus gros fragments nous atteignent .Ha, autre chose : vous partez dans une heure, et je vous interdit de communiquer avec quiconque, pas même Ernst, je me suis fait comprendre ?
-Oui monsieur le directeur .Très bien .Je vais m’équiper, si vous me le permettez .
-Bonne chance, vous en aurez besoin .
Je quittais la pièce .Que penser de tout ça ? La fin de notre espèce, l’augmentation des impacts ... Décidemment, la vie est un miracle qui ne tient qu’à un fil .Je chassais ces idées de ma tête, et allais me préparer pour l’expédition de ma vie .
Inscription à :
Commentaires (Atom)





