mardi 8 juin 2010

Création et Mutation, chapitre 12

25 Mars 2063
     Le jour du grand départ .Nous sommes plein, à la fois de matériel et d’ouvriers .Le grand voyage va bientôt commencer .La Grande Salle des Fêtes est pleine et tout le monde attend l’annonce du départ en scrutant la Terre à travers les vitres .Cette salle à l’avantage d’être tout à l’avant du vaisseau et le point de vue est vraiment splendide .Cela me rappelle mon dernier vol d’entrainement lorsque je m’étais arrêté pour admirer notre “Planète Bleue” .Cela m’inspire et j’en profite pour prendre le micro et entamer mon discours .
-”Mes chers camarades, nous allons dans quelques instants quitter notre planète natale pour naviguer pendant 4 mois à travers l’espace et rejoindre ainsi la position où nous construirons une planète .ExoTerra, puisque ce sera son nom, devra être une fierté pour nous tous, et un symbole .Celui du renouveau humain [...]”
Mon discours me prit une heure et demi, et j’évoquais le courage et la détermination des peuples, qui ont mené à cette innovation flagrante permettant une paix et une serennité nouvelle pour l’humanité .Vint alors le moment de cloturer ce long discours, qui devenait pénible pour moi, et probablement aussi pour mes auditeurs ...La phrase de clotûre avait été réfléchie longtemps par des hautes instances de la culture afin qu’elle reste dans les mémoires, et pour cela, elle avait été traduite dans près de 50 langues différentes afin que toutes les personnes qui l’entendraient soient émues .
“Maintenant vient l’heure du départ, et ensemble, nous forgerons notre avenir sur Exoterra. Vive le G.E.E., et longue soit la paix dans le nouveau monde !”
     L’ovation que l’on fit à mon discours me toucha beaucoup .Plus précisemment, je m’interrogeais sur l’objet de cette ovation .Etait-ce cette conclusion pompeuse ou bien mon détachement face à cette conclusion ?Alors que je quittais la Grande Salle des Fêtes pour me diriger vers mes quartiers, je fut bousculé par une passagère A ce qu’elle me raconta, tout en s’excusant encore, elle s’était perdue dans cet immense bâtiment, et elle cherchait la salle des fêtes, où, parait-il, le commandant devait faire le discours précédent le départ .Je dû la décevoir lorsque je lui appris que le discours venait juste de s’achever, mais en voyant sa mine défaite, je lui proposai alors de venir se raffraichir dans mes appartements, autour d’une table et d’un verre .Elle accepta aussitôt et nous nous mimes en chemin .J’eut l’impression qu’elle me racontait toute sa vie car en arrivant à mon appartement, je savais tout d’elle .Elle était formatrice dans un centre d’éducation du G.E.E. et elle enseignait les mathématiques spatiaux .Spécialiste de la géométrie, elle avait embarqué afin d’assurer à la population qui s’installerait sur Exoterra une continuité de l’enseignement .Passionnée, elle m’expliqua combien une projection peut-être compliquée à définir mathématiquement, et comment elle s’y prenait pour le faire comprendre .En ouvrant la porte, se fut le premier temps mort dans son monologue .Impressionnée, elle me regarda plus attentivement avant de me demander si je n’étais pas, par hasard, un officier ...Je n’osai lui avouer mon grade, de peur de perdre la première personne à ne pas être hypocrite avec moi de par mon statut .Restant mystérieux, nous nous assimes en silence et nous regardâmes longtemps .Elle me dévisagea, et je fis de même .Elle me fixa droit dans les yeux, et je soutint son regard .Alors elle éclata de rire .Un rire clair, joyeux .Et je l’accompagnai de bon coeur .Puis nous bûmes notre verre et je parlai de moi .A ce moment, je ne lui racontai que ma vie personnelle, non celle infuencée par mon statut d’ex-fils du Global President, fait que je tût habilement .Elle m’écouta parler, attentive, et le silence revint .Nos regards se croisèrent à nouveau, avec une douceur que je ne saurai décrire .Elle se leva, me donna son numéro de logement à bord, et me prit dans ses bras .Elle me sussura à l’oreille un “merci” très agréable, et se dirigea vers la porte .Je lui ouvris, et lui affirmai que je passerai lui rendre visite très bientôt .Je restai un moment à tenir ma porte, la regardant partir, puis regardant le chemin qu’elle avait prit lorsqu’elle disparut après un angle du couloir .
     Comme on peut se sentir vide lorsqu’on vient de vivre une expérience nouvelle .Pour moi, ce fut ce que l’on appelle un coup de foudre .Oui, elle m’avait foudroyé .Sur place .Si j’avais dû donner sa description juste à ce moment, j’aurai dit qu’elle était belle, blonde, avec des yeux d’un bleu si profond que je m’y étais crû dans le ciel de notre bonne vieille Terre .
 
over-blog.com